Marchés financiers : gérer les risques, un devoir pour l’entrepreneur

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Taux d’intérêt, cours de l’Euro, prix des matières premières… l’instabilité des marchés financiers constitue un risque majeur pour une PME sur trois. Pourtant, rares sont celles qui agissent pour s’en prémunir. En premier lieu parce que les solutions proposées, mal connues, soulèvent encore de nombreuses réticences.

Le risque financier dépasse le simple recouvrement de créances

La quasi-totalité des 60 000 défaillances enregistrées chaque année concerne des entreprises de moins de 50 salariés, bien plus vulnérables que les grands comptes aux risques d’ordre financier. Les solutions d’affacturage* et d’assurance crédit, contribuant à réduire le risque client à un coût relativement abordable, sont aujourd’hui largement répandues. En revanche, les petites structures qui ont recours aux produits dérivés financiers pour se prémunir contre les aléas des marchés volatils restent rares. Un dirigeant de PME sur trois déclare pourtant y être exposé, et dans les faits, près de 75 % sont impactés par le cours des matières premières, produits pétroliers en tête.

* Wikipédia : l'affacturage (factoring en anglais) est une technique de financement et de recouvrement de créances mise en œuvre par les entreprises et consistant à obtenir un financement anticipé et à sous-traiter cette gestion à un établissement de crédit spécialisé : l'affactureur ou, en anglais, factor1. Longtemps considéré comme le dernier recours de sociétés en difficultés financières, l'affacturage est aujourd'hui un outil souple au service des entreprises. C'est un procédé à la fois d'externalisation de tâches administratives, d'assurance contre les impayés et de financement à court terme. Il ne concerne que le commerce entre entreprises (business to business ou B2B en anglais).

En France, plus l’entreprise est petite, plus les risques sont subis

Évolution des taux d’intérêt, fluctuations du cours de l’Euro, matières premières vulnérables aux manœuvres spéculatives autant qu’à l’instabilité politique dans certaines parties du monde… Les grandes entreprises ont intégré la culture des risques financiers liés aux marchés. Cette dernière est aussi très présente dans les ETI et les PME américaines et chinoises, où elle participe d’une stratégie globale de développement. En France, plus l’entreprise est petite, plus ces risques sont subis, souvent par méconnaissance des solutions existantes, ou par défiance vis-à-vis d’un univers perçu comme complexe, opaque et purement spéculatif. Dans les faits, les marchés de produits dérivés, qui échangent en tablant sur des valeurs théoriques d’actifs sous-jacents – matières, indices boursiers, taux d’intérêt, actions… – dépassent aujourd’hui 600 000 milliards de dollars, soit dix fois le PIB mondial. Pas seulement un terrain de spéculation, mais aussi une solution d’assurance contre une large palette de risques financiers.

Adapter sa couverture à ses besoins et à ses moyens

Réduire son endettement pour s’affranchir des taux d’intérêt, monter en gamme pour limiter l’impact d’une hausse subite des matières premières, diversifier son offre ou nouer des partenariats pour mutualiser les risques : les stratégies préventives ayant leurs limites, chaque entrepreneur est en devoir de considérer les solutions compatibles avec ses besoins… et ses moyens. En un mot, trouver le juste équilibre entre le prix qu’il est prêt à payer et le risque qu’il peut se permettre de prendre. Proposées par les banques ou des courtiers spécialisés, ces solutions, visant à transférer tout ou partie du risque à un tiers, sont de plusieurs ordres et sont d’autant plus sophistiquées que les enjeux sont importants. Deux formules peuvent particulièrement intéresser les petites entreprises :

  • Le contrat à terme : engagement d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé au départ, pour une livraison et un règlement ultérieur. Il peut être négocié sur un marché à terme (standardisé) ou échangé de gré à gré hors des marchés (non standardisé).
  • L’option : sorte de pari sur la valeur future d’un actif sous-jacent, elle offre le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre cet actif à un prix prédéterminé pendant une période donnée. Si l’option n’est finalement pas utilisée, son coût est perdu.

Dans tous les cas, et, quelle que soit la stratégie choisie, il est préférable de privilégier un produit simple, au mécanisme clair. N’hésitez pas à faire jouer la concurrence et efforcez-vous de toujours conserver une bonne visibilité sur ces opérations, en lien étroit avec votre responsable financier ou avec l’appui d’un consultant extérieur. Il en va du devenir de votre entreprise.